Synthèse du CIBD

Synthèse du CIBD

Congrès International « Biologie et développement »

(Nouakchott - Mauritanie, du 24 au 26 décembre 2013)

 

Thèmes et nombre des communications :

 Santé et Nutrition : 15 communications, Biodiversité et ressources naturelles : 11 communications, Changements climatiques et environnement : 7 communications.

 

Synthèse des communications et recommandations :

 La synthèse des présentations et des échanges qui ont eu lieu autour du thème « Biologie et développement » concerne l’ensemble de la thématique abordée, allant des ressources naturelles (notamment, de l’alimentaire) à la nécessaire protection de l’environnement contre toutes les formes de pollution (biologique, chimique et physique) et autres dangers potentiels (exploitation offshore, péril acridien), en passant par la nutrition, la santé, et notre biodiversité.

 

La recherche en vue de la maîtrise de la biologie et de l’écologie de nos ressources naturelles, aussi bien végétales qu’animales, constitue un élément essentiel, vecteur de notre développement. L’adaptation et la protection de ces ressources demeurent également des préoccupations majeures des chercheurs. Il s’agit là, en effet, de l’alimentaire, source de vie mais aussi de santé de nos populations. 

Ces populations, particulièrement ses tranches d’âges jeunes, doivent faire face au poids des maladies non transmissibles, en plus de celui déjà bien lourd, des maladies transmissibles. Ce tableau est amplement justifié par de nombreux comportements à risques. Cette situation rend indispensable la collecte organisée des données sanitaires et des études de surveillance épidémiologique en vue d’une santé publique plus efficiente. 

Nos pays, malgré leur potentiel agrosylvopastoral, traversent une phase de transition nutritionnelle à l’instar de plusieurs pays en voie de développement : la prévalence de la malnutrition telle que l’émaciation, l’insuffisance pondérale, le retard de croissance, les carences en minéraux (notamment en fer), en vitamines (vitamine A), en coexistence avec le surpoids et l’obésité et ce, de manière inquiétante. Ce qui engendre des taux de diabète, d’hypertension artérielle et d’hypercholestérolémie élevés. 

L’impact négatif de la malnutrition sur notre développement est important : la morbidité et la mortalité maternelles et infantiles, l’entrave au développement cognitif, les coûts importants des prises en charges nutritionnelles et sanitaires et la diminution de la productivité.

Les faibles revenus des populations, le manque d’hygiène, les mauvaises pratiques et comportements alimentaires (défaut de l’allaitement maternel exclusif), l’absence de sécurité alimentaire et nutritionnelle pour pallier à l’insuffisance de la pluviométrie sont des causes importantes. En Mauritanie, les résultats des enquêtes menées depuis plusieurs années mettent en évidence l’effet de la saisonnalité sur la prévalence de la malnutrition aigue globale.

Afin d’accompagner les efforts des états en matière de stratégies d’interventions nutritionnelles telles que la fortification, l’éducation nutritionnelle etc.…), les chercheurs sont amenés à contribuer à la valorisation des produits locaux, souvent de nature nutritionnelle très qualifiée : exemples de produits forestiers non ligneux, du lait de dromadaire et des poissons riches en acides gras polyinsaturés qui peuvent aussi servir comme aliments fonctionnels. Les produits de terroir et leur diversification constituent aussi des substrats pour la recherche nutritionnelle et la sécurité alimentaire. De même que l’utilisation des plantes à valeur nutritive et médicinale peuvent également trouver dans la recherche une place de choix pour être valorisées et vulgarisées à large échelle. 

Aussi, il a été fortement recommandé de décloisonner la recherche et de susciter des synergies entre scientifiques, notamment entre les facultés des sciences et de médecine, afin de mieux cerner les problèmes de nutrition appliquée et clinique.

Les débats ont également permis de mettre l’accent sur la nécessité des échanges entre les équipes de chercheurs de nos pays respectifs afin de :

  • Explorer et trouver les voies et moyens pour consolider la collaboration entre chercheurs, dans les domaines de la formation et de la recherche sur la nutrition, la santé, les ressources naturelles, la biodiversité et l’environnement (échanges d’enseignants chercheurs et d’étudiants en 3ème cycle),
  •  Elaborer des projets communs de recherche dans les cadres bilatéraux et multilatéraux, entre autres dans les cadres des programmes méditerranéens et européens,
  •  Assurer la durabilité de ce type de rencontres scientifiques afin de continuer les échanges entre scientifiques mauritaniens et étrangers,
  •  Créer une revue scientifique nationale ou régionale, à comité de lecture, et répondant aux critères scientifiques dignes des revues scientifiques de renommée internationale,
  • Créer un centre de ressources phytogénétiques pour répondre aux préoccupations alimentaires, sanitaires et environnementales (reconstitution de la flore) et un arboretum (pour les besoins de la pédagogie).